La chorale d'Evegnée-Tignée

03/09/2018

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Il est parfois des histoires de moments simples mais emplis d'un bonheur presque impalpable, et qui pourraient bien passer inaperçus si on ne se disait pas qu'ils méritent d'être racontés.

 

La bafouille que je vous propose trouve l'essence de son inspiration Thier Hamal à Tignée, sous un noyer dont les derniers fruits de la saison se sont décrochés, agités par une douce brise d'été indien. C'est là, à l'air de son jardin  et en pleine récolte que je trouvai le Maître de chorale un vendredi après-midi à 14H30. J'avais pris rendez-vous auparavant avec comme projet en tête d'en savoir plus sur les choristes d'Evegnée-Tignée…

 

Sur la copie du texte du discours* anniversaire des 10 ans de la chorale qu'il me présenta d'emblée, je pus lire : « Nos différences ne sont-elles pas une richesse ? » C'est bien de ça qu'il s'agit quand on a pour mission de composer quelque chose d'audible et d'harmonieux avec deux ou trois dizaines d'individualités diversement averties musicalement, débordantes de bonne volonté, animées d'une certaine dose de passion pour le chant et pourvues de dons à découvrir, parfois bien cachés…

 

C'est Guy Massart  4(surtout son obstination) qui fut le meneur de cette aventure vers 1988, personne ne sait plus trop quand, à dire vrai… En fait, l'idée n'était pas neuve car, chorale, il y avait déjà bien eu à Evegnée-Tignée du temps du papa de Guy, de Nicolas Pirotton ou d'Armand Lacroix, et d'autres, vers les années 1950…

 

 

 

 En 1988, après François Lefèbvre presque désigné de force comme Chef de chorale quand il se fut fait assez prier, il fallut nommer un(e) organiste. C'est Julia Dethier-Colson 6 qui hérita de ce poste clé, mais Pascale Lefèbvre lui emboîta le pas dès ses 15 ans, devenant finalement la reine incontournable, la référence même, grâce à son excellente formation musicale qui ne cessait de se parfaire.

 

On trouva aussi dans le voisinage tous les autres ingrédients nécessaires : sopranos, altos, basses et ténors. L'assiduité aux répétitions fit le reste... La première Messe de Minuit accompagnée par cette nouvelle chorale de « membres fondateurs inconscients », aux dires de François, fut un succès.Avec le temps vint une organisation « réglée comme sur du papier à musique ».

 

On compta sur Guy Massart pour les photocopies, Marguerite Scholtissen-Colson pour le chauffage ou les clés, Marie-Claire Dobbelstein-Otten (Madelon…) pour le café, avec la voix de tous pour « allumer le feu » (y compris ceux non cités ici). Bien que la chorale finît par faire partie intégrante des meubles de l'église de Tignée  9à l'acoustique si plaisante, il fallut pourtant déménager en 1998 suite à la fermeture de l'Edifice pour cause de sérieux ennuis de toiture.

 

Le groupe s'installa alors dans le jubé exigu de la chapelle d'Evegnée … C'est à peu près à ce moment qu'on se risqua à introduire d'autres instruments de musique comme la guitare ou les percussions.

Outre les chants de Noël, le groupe travailla à un répertoire supplémentaire pour les communions, à un autre pour les mariages, ce qui permit de se produire extra muros comme à l'église d'Olne, un des meilleurs souvenirs paraît-il.

 

La chorale répondit aussi présente pour égayer l'ambiance lors de la Messe en plein air de la fête au village.

 

Comme représentation remarquable,  on entonna l'opérette en concert avec Jules Bastin et une soixantaine de choristes provenant conjointement des chorales d'Evegnée-Tignée et de Melen.

 

Pour la petite histoire, il faut préciser que le célèbre musicien était un ami personnel de Monsieur l'Abbé Geenen

 

Comme source d'inspiration pour le répertoire, les Lefèbvre sont abonnés à une revue de chants religieux : « Signes Musique ».

 

Pour les mariages, la chorale est à l'écoute des propositions des futurs époux. C'est ainsi qu'on a joué du Négro Spiritual (Oh Happy Day), « La Tendresse », « Aimer », « Panis Angelicus » ou « C'est Comme L' Oiseau ». Mais un bruit court et c'est un peu un scoop : la chorale pourrait s'ouvrir dès cette année à un répertoire profane et moderne dans la perspective d'un concert…

 

 

Qui a dit que François manquait d'ambition ? Il faut savoir qu'il est autodidacte, d'un naturel prudent, et toujours à l'écoute des idées nouvelles que sa fille Pascale et d'autres lui soufflent. La politique de la maison est d'avancer « step by step » en quelque sorte.

 

Ecoutant un enregistrement sur CD de la chorale, un verre de Mercurey devant moi, je pris note de ce que François me raconta avec passion. Munie d'une boîte à chaussures pleine de noix, je rentrai chez moi avec deux messages spéciaux pour tous... Le premier, c'est que la rumeur qui dit qu'il y a plus de monde à la chorale qu'à la messe a été formellement démentie, quoique… Le second, c'est que tout le monde a sa place dans la chorale et que toute personne intéressée y est chaleureusement attendue… 

 

Infos : François Lefèbvre Tél.04/3771707.

 

 



 

* DOCUMENTS.

 

 

Versions recopiées des textes des discours prononcés à l'occasion des 10 ans de la chorale "Au Vert Bocage" à Bolland le 5 novembre 1999:1. 

 

François Lefebvre


 

 

"Vous attendiez un discours ? Le voici, mais que les grincheux, les rancuniers et les âmes sensibles se bouchent les oreilles ! Si vous écoutez, soyez prêts à tout !


Avant de commencer, je voudrais remercier l'initiateur et l'organisateur de cette soirée; il y a mis toute son énergie et tout son talent. Applaudissons-le. Merci évidemment à vous pour la délicate invitation qui m'est faite ainsi qu'à pascale et à Marie-Claire.


Ceci dit, essayons de voir comment cette aventure a commencé, comment expliquer que nous sommes ce soir près de cinquante autour de la table.


Quand la chorale est-elle née ? La réponse la plus courante est: "il y a longtemps... dix ans au moins, peut-être onze? " Aucune des mémoires sollicitées n'a été plus précise: c'était pour une messe de minuit célébrée, je crois, par le Chanoine Aimont. Ce qui est sûr, c'est que la chorale est née de l'obstination de Guy Massart, notamment, qui a réussi à me persuader que j'étais capable de faire chanter ensemble une poignée d'hommes et de femmes sans grande formation musicale mais animés d'une bonne volonté sans limite. A l'époque, je me suis fait prier longtemps (tiens ! déjà ! dit Jean Mordant), et après bien des efforts communs, nous sommes venus à bout de toutes les difficultés. Il fallait un organiste: Julia accepta ce poste important qui sera repris plus tard par Pascale. La messe fut un succès. Les noms de ces courageux inconscients m'échappent mais ils peuvent être fiers d'être des fondateurs.


Mais, au fond, qu'est-ce qu'une chorale ? Toute chorale, et la nôtre n'échappe pas à la règle, c'est comme un gâteau quatre quarts (4/4): s'il manque un ingrédient, c'est une bouillie infecte et immangeable.


D'abord, il faut la farine, c'est l'élément de base. Ce sont les Sopranos: elles chantent, en version améliorée, ce que tout le monde chante, elles n'ont pas peur des notes aigües. Plus elles sont fines (je parle de leurs voix, pas de leur poids), légères, cristallines, plus le gâteau sera homogène et ferme.


Ensuite, les oeufs, ce sont les Altos, ingrédient plus modeste, mais plus rare à certaines époques, plus difficile à amalgamer (à cause du jaune et du blanc) mais à force de mélanger, on obtient un résultat très appréciable.


Puis, le beurre: ce sont les basses. Malgré les variantes d'origine (beurres de ferme, de laiterie, aux noisettes, d'Ardenne, allégé, ...) on doit obtenir à la fin une matière homogène. Ce n'est pas toujours facile: assez durs au départ, ils deviennent petit à petit malléables, puis se fondent aux autres. Ouf ! On y est arrivé !


Enfin, le sucre, c'est l'ingrédient noble, ce sont les ténors (n'est-ce pas Nicolas ?); matière très raffinée (n'est-ce pas Nicolas ?) dont chaque élément est un cristal, un peu comme un diamant (n'est-ce pas Nicolas ?). C'est le sucre qui donne à la mixture sa saveur finale. Mettez-en trop: c'est écoeurant, mettez-en trop peu, c'est fade. Mais restez modestes, les Ténors, sans les autres, vous n'êtes rien !


Et voilà la grande leçon de cette parabole du "Gâteau Quatre Quarts" qu'aucun des évangélistes n'a rapportée: qu'il manque quelques grammes de farine, ou un oeuf, ou une noix de beurre ou une cuillère de sucre, le gâteau n'est pas parfait ! Ainsi donc, Frères et Soeurs, soyez toujours assidus aux répétitions de manière à permettre au gâteau de prendre sa forme: vous êtes un ingrédient irremplaçable !


J'aurais du commencer par m'adresser aux non-membres de la chorale. Sans eux, le chorale ne serait pas ce qu'elle est puisqu'ils supportent (souvent bien, parfois mal) l'absence auprès d'eux de l'être aimé. Merci pour votre patience passée et à venir. Pour une fois, aujourd'hui vous allez pouvoir chanter avec nous: quand vous aurez assez bu, évidemment !


Je voudrais immédiatement mettre les points sur les "i" en ce qui concerne l'alcool à la chorale: qu'il soit bien clair que la chorale chante pendant les répétitions et non sur le chemin du retour quand "on a bu un verre" ! Crions haut et fort que nos panses sont agrémentées exclusivement par du café (avec lait et sucre) et de la limonade que nous offre notre Madelon-Marie-Claire (profitons-en pour la remercier de ce geste aussi vital que sympathique). Donc pas d'alcool chez nous...enfin, pas souvent, quelques fois, aux grandes occasions, par exemple un mariage en préparation (les futurs mariés se sentent obligés -et ils n'ont pas tort- de nous offrir un verre le jour où ils viennent inspecter l'avancement des travaux), un anniversaire (Jean-Marie a déjà fêté trois fois le sien ou un autre cette année, et avec de l'excellent vin d'Alsace), une mise à la retraite, une promotion... Bref, c'est très rare. Dans ces cas-là, je reconnais que la répétition est plus animée, plus chaleureuse, plus conviviale et, tant pis si la justesse en prend un coup; et ce soir-là, on chante aussi en rentrant à la maison. Je me demande si Andrée et Antoine, Augusta et Joseph ne sont pas venus nous rejoindre un peu à cause de ça !


Revenons à la chorale, si vous le voulez bien. Depuis dix ans nous avons fait quelques progrès et nous nous sommes même produits "hors frontières" si on peut ainsi appeler le fait d'être allés à Melen ou Cerexhe.


A Melen d'abord avec Jules Bastin: nous avions appris quelques airs d'opérette et un inoubliable "Choeur des Esclaves" de Nabucco. Ensuite un concert de Noël et la messe des Noces d'or de Bertine et Nicolas, couple extraordinaire, incarnation d'une chorale en miniature: à eux deux, ils sont une demi-chorale et même plus si, comme Nicolas aime à le répéter, seuls les Ténors sont importants et si Bertine, avec la modestie qu'on lui connait, ne chantait pas la voix la plus prestigieuse, celle des Sopranos? En tout cas, ils sont émouvants lorsqu'aux répétitions, ils échangent régulièrement de petites phrases pleines d'affection et d'intimité tellement spontanées et sincères qu'ils en oublient que nous sommes à 25 à les entendre. Merci pour cet exemple inimitable.


Un petit paragraphe pour Pascale, ma Pascale, notre Pascale, à qui nous devons tous énormément, moi en particulier. Sans elle, nous serions tout juste bons à chanter "Frère Jacques" à une voix mixte ! S'il est vrai que c'est moi qui, la plupart du temps, fais les gestes qui font avancer la machine, c'est elle qui le plus souvent à cherché les superbes chants que vous apprenez, jamais faciles mais tellement bien choisis; c'est elle aussi qui nous met les airs dans l'oreille et qui nous introduit mille nuances avec lesquelles je suis presque toujours d'accord. Et puis, nos différences ne sont-elles pas une richesse ? Merci à Pascale, moteur infatigable de notre chorale.


Progressivement notre petit groupe s'est étoffé. Nous sommes maintenant près de 30 permanents présents régulièrement aux répétitions. Nous avons même accueilli tout récemment une charmante africaine qui semble se plaire parmi nous. Mais attention, un grave danger nous guette, danger qui a mené à la faillite bien des entreprises et précipité bien des nations dans le chaos ! Ce danger c'est l'accroissement sans discernement. Soyons réalistes: un membre de plus et tout menace de s'écrouler, surtout le jubé de la chapelle. Nous ferions sans doute la "Une" de "La Meuse" et filerions plus ou moins droit au Paradis, mais que deviendrait la Paroisse sans nous ? Ainsi, quand Jean, la semaine dernière, m'a demandé d'intégrer à la chorale une jeune fille russe qui aurait volontiers mis ses talents musicaux à notre disposition en échange de quelques leçons de français, j'ai dû, sans même avoir pu apprécier la  personne dire "Niet" au risque de ranimer une nouvelle guerre froide (pas avec Jean, mais avec la Russie !  )


Merci aussi à Monsieur le Curé pour les encouragements inconditionnels qu'il nous a prodigués depuis qu'il nous connait. C'est un fameux supporter à qui on ne peut rien refuser (pas même un concert de Noël)


Je termine donc en vous remerciant de m'avoir supporté pendant tant de longues heures de gesticulations. Merci d'avance d'encore me supporter dans l'avenir, aussi longtemps, je l'espère,  que moi,  je pourrai vous supporter tous.
Encore un mot pour vous dire combien je suis ému et comblé quand la chorale tourne bien, qu'elle démarre au quart de tour, qu'elle réagit au moindre geste destiné à tempérer les ardeurs excessives ou à réactiver les lourdeurs inconvenantes, et qu'elle s'arrête au millimètre. J'avoue qu'alors s'empare de moi une jouissance égoïste, une jubilation que j'ai du mal à dissimuler, une joie intérieure proche mais différente de celle que vous, vous éprouvez quand, intégrés à votre groupe et aux autres voix, vous arrivez à goûter le bonheur de l'harmonie parfaite.


J'ai oublié alors les fastidieuses répétitions pas toujours enthousiasmantes, les rappels sans efforts, les rectifications mal accueillies (ça c'est pour Guy Dethier), les inquiétudes pour le lendemain, les hésitations et même les chocs répétés contre une poutre du jubé qui ose contester ma liberté d'action.


Je profite enfin de l'occasion pour vous transmettre en bloc, les tonnes de compliments, de félicitations, d'éloges que je reçois régulièrement, après nos prestations et qu'il m'est difficile de vous répercuter au moment même. (Merci pour toutes ces sensations et émotions et que la fête continue). Mais je sais qu'il est plus que temps que je m'arrête, j'en vois quelques uns qui ont décroché, qui bavardent, ne m'écoutent plus, me laissant gesticuler devant mon texte. Dois-je citer des noms ? Alors allons-y: Noël et Nicolas (oui Nicolas, c'est Noël qui parlait évidemment !) Andrée entre les 2  16Guy 17, Bertine et Augusta, Alberte et Geneviève 18, Marie-Claire et Marie-Thérèse 19 avec Valérie 20, Patty 21 et Betty, Marguerite 22 et Catherine, Martine, Solange et Christine 23.... et Joseph et Antoine, Jojo 24 et Jean-Luc 25, Jean et Claudy, Jean-Marie, Arthur 26 et Henri-Michel 27. Et s'ils étaient là plus souvent Julia, Josiane, Mireille 28 et Bernard 29...


Merci pour toutes ce sensations et émotions et que la fête continue".

Guy Dethier


 

 

" Chers Amis,
Je voudrais prendre la parole, d'abord, pour vous remercier tous d'avoir répondu si nombreux, pour ne pas dire à la quasi-unanimité, à cette initiative de se réunir ce soir autour d'une table accueillante dans une cadre qui l'est tout autant. Hormis le cas particulier de Henri-Michel que l'on peut aisément comprendre, seuls Pathy et Arthur ne pouvaient se joindre à nous, ce dont ils étaient particulièrement désolés.


Vraiment, jamais je n'aurais osé espérer pareil enthousiasme d'autant que dans le contexte de vie trépidante que nous connaissons actuellement, il devient difficile de se libérer tant les tâches ou autres engagements sont nombreux.


A présent, je voudrais m'adresser plus particulièrement à François et Pascale, nos deux dirigeants tant estimés.


François, Pascale, vous le savez, je n'ai pas l'habitude de prendre la parole publiquement. Pourtant, aujourd'hui, j'avais à coeur de faire un sérieux effort à cet égard pour vous dire juste un petit mot.


Plus d'une fois, nous nous sommes posé la question de savoir quand a pris naissance notre chorale qui réunit présentement 31 personnes au grand complet, nombre dont la tendance semble encore à la hausse. Jeunes et moins jeunes s'y côtoient dans un esprit exceptionnel.
Quand a donc pris naissance notre chorale ? Le cap des 10 ans est-il atteint ? Bonnes questions auxquelles nul ne peut répondre avec certitude. Vraisemblablement la décade doit être atteinte, et le rassemblement de ce soir me paraît une bonne opportunité de la fêter.
Pour peu que je me souvienne, sur l'initiative de notre secrétaire Guy Massart, il s'agissait de chanter une messe de minuit. Nous étions peu nombreux. Chez les basses, il y avait Jean Mordant et Jojo Massart, chez las dames, Julia et Didite, et chez les ténors, les deux Guy. A propos de ces deux ténors, souviens-toi, François, des difficultés exceptionnelles auxquelles tu as du faire face pour les tenir sur rail. Je me culpabilise encore aujourd'hui quand je réalise que c'est à ce moment-là que tu as perdu tes premiers cheveux et vu apparaître quelques traces blanches sur la chevelure restante. L'arrivée de Nicolas a bien régularisé les choses.
Puis les années ont passé sans que l'on s'en rende compte. Progressivement le nombre de participants s'est accru. Entre-temps, Pascale est venue t'épauler et te soulager en main de maître pour nous conduire à une certaine réputation qui s'est étendue progressivement dans la région.


Il faut dire ou plutôt, il faut souligner combien la qualité de votre direction doit l'unanimité dans l'appréciation de chacun. Les commentaires que l'on peut entendre ci et là, quand vous avez le dos tourné bien évidemment, sont édifiants à cet égard. Il ne faut pas chercher ailleurs une explication quant au nombre croissant de personnes intéressées à se joindre au groupe et ainsi se placer sous votre houlette.


Vraiment, dans notre petit village, vous êtes la source d'une activité socioculturelle de grande valeur dans la mesure où elle crée des liens, favorise le travail de groupe et nous sort de la grisaille de tous les jours.


François, Pascale, chacun à votre manière et dans une complémentarité remarquable, avec un souci de perfectionnisme, vous avez l'art de travailler un ensemble constitué en majeure partie de véritables amateurs pour obtenir des résultats surprenants.


Chacun de vos gestes recèle un sens profond. Le mouvement rythmé des bras transposant les portées musicales où chaque voix se repère aisément, l'articulation précise des mains et des doigts transmettant les nuances, l'usage des traits du visage ou le clignotement des paupières sur des yeux bien axés vers les fautifs pour rappel à l'ordre en cas de légère dérive, les différentes formes de la bouche qui passent de l'arrondi à l'élargissement complet signifiant appel à une meilleure articulation, le léger sourire aidé d'un hochement vertical de la tête pour nous faire comprendre qu'un passage difficile a bien été réussi, quelques mouvements particuliers du corps ayant chacun leur signification, autant d'ingrédients parmi d'autres qui vous permettent d'exploiter au mieux notre bonne volonté.


Manifestement,  c'est à vous que revient le succès de participation à la présente soirée. D'ailleurs, vous êtes ici nos invités, les invités de chacun d'entre nous puisque, le repas de ce soir, nous vous l'offrons gracieusement... L'idée de vous associer Marie-Claire a vite fait son chemin. Il faut ici rappeler que Marie-Claire a pris l'habitude de rafraîchir et ainsi raccorder nos cordes vocales à chaque pause lors de nos répétitions.


Au début, j'avais bien précisé que je ne dirai qu'un petit mot. Après le préambule que je viens de vous donner, voici à présent venu le moment de nous dire ce petit mot qui, paradoxalement, est long de 5 lettres. J'ai demandé la participation de 5 personnes qui vont vous les lire à tour de rôle, en les priant d'y consacrer beaucoup d'intonation.
Au terme de ces lectures je cèderai la parole à un autre choriste, orateur dont la réputation n'est plus à faire du fait de ses qualités gestuelles hors du commun qui agrémentent parfaitement les propos débités. J'invite le premier lecteur à ouvrir son enveloppe pour nous en livrer le contenu...

(Note de la rédaction: chaque lecteur avait une enveloppe qui contenait une lettre sur un carton avec l'instruction de la maintenir bien en vue en attendant de se déplacer en bonne position pour afficher le mot "merci" au signal de Jean. Les lettres sont arrivées dans l'ordre suivant: i, m, e, c, r . François et Pascale ont été invités à reconstituer le mot auquel Guy faisait allusion dans son discours)

comme dans: mais si Papa. Cà devra aller. Toi tu prends les basses, moi les altos. Les ténors, comme d'habitude, s'en sortiront bien.
comme dans: écoutez-moi une fois d'abord.
comme dans: recommençons encore une fois
c comme dans chantez maintenant
comme dans: impossible Pascale, c'est trop difficile, on n'y arrivera jamais."


Jean Mordant.


 

 

"Les organisateurs m'ont demandé de dire quelques mots.
Est-ce bien nécessaire après le magnifique éloge que Guy vient de prononcer ?
Je risque d'être un rien irrévérencieux, un rien iconoclaste.
Et bien, allons-y !


Au contraire de ce que Guy a affirmé, le choix de la date n'est  pas le fait du hasard. Nous ne croyons pas au hasard, nous, mais bien en la Providence.


Cette date est idéale.


Nous sommes en effet proches de la Sainte Cécile et nous sommes encore  dans la semaine de fête de tous les Saints? "Les saints du ciel mais également ceux de la terre" comme a dit Monsieur le Curé.
Nous sommes tous des bienheureux; bienheureux d'être ici ce soir; bienheureux d'être à la chorale; bienheureux de fêter nos trois amis. ce sont des "superbienheureux" et il n'est pas toujours facile de vivre avec des bienheureux. C'est Mimie qui le dit.


François est notre père à tous... dans la musique. C'est un père plein d'ambiguités. Par exemple, il est d'une discrétion qui frise la timidité. Il chante toujours sur le jubé là où on ne le voit pas. Il n'aime pas s'afficher. Pourtant, avec nous, il fait preuve d'un certain narcissisme. Il dit continuellement: "regardez-moi nom de Dieu... Mais regardez-moi sapristi ! " Oui Mimie, il aime qu'on le regarde. Il se fâche d'ailleurs quand on ne le regarde pas. car il sait se fâcher surtout quand sa fille lui dit qu'il se trompe. Mais cela va mieux maintenant. c'est un garçon doué. Il n'a jamais fait des écoles de musique et il prétend ne pas connaître la musique. Et pourtant il joue de la musique, il la sent, il la devine, il la vit.


Comme Obélix est tombé dans la potion magique quand il était petit, notre bienheureux est tombé dans la potion musicale en naissant.


Il porte la musique sur ses gênes comme la portée porte les notes de musique.
Au premier abord, il peut paraître un peu bourru. Mais ne vous fiez pas aux apparences. Notre directeur de chorale aime rire et s'amuser surtout si vous lui servez un bon vin. En fin oenologue, il dégustera d'abord, puis il boira volontiers et il finira la bouteille. Ce n'est pas chrétien de garder une bouteille ouverte.


C'est un perfectionniste et la renommée de notre chorale lui doit beaucoup.
La deuxième fêtée, Pascale, a reçu les gênes de son papa. Mais en plus, la musique, elle connait. Ce n'est pas Raymond-la-science, mais Pascale-la-science.


Elle ose, elle nous croit capables de faire des prouesses, et il est vrai que ses connaissances musicales, son tact,  son sourire nous permettent de chanter des choses difficiles.
Elle prend souvent la direction de l'équipe et elle le fait avec une mâle énergie.
Son autorité est indiscutable et ce n'est pas peu dire quand on sait que parmi les choristes, il y a de vieux briscards qui en ont vu d'autres.


Quant à parler d'autorité, je ne sais pas comment elle s'y est prise pour imposer à son paternel des mélodies plus modernes et la présence de la guitare pour accompagner certains chants liturgiques. Encore une fois, posons la question à Mimie.
Et puis, quelle aubaine d'avoir du sang jeune dans notre chorale !


Sa présence attire vraisemblablement l'une ou l'autre amie qui apporte fraîcheur à notre équipe.


Enfin, comment ne pas dire quelques mots sur notre troisième bienheureuse.
C'est Marie-Claire, notre "cafetière". Car vous connaissez le synonyme de la cafetière. C'est percolateur. On dit aussi: "recevoir un coup sur la cafetière". Evidemment, ce n'est pas dans ce sens qu'il faut prendre ce "néologisme"


Marie-Claire est notre nourrice. c'est notre Madelon. Comme celle-ci apportait friandises, réconfort et féminité aux braves poilus, Marie-Claire apporte rafraîchissements et café aux choristes. Bien sûr, pour la féminité, elle n'est pas la seule. Notre chorale est mixte et ces messieurs retrouvent chaque soir leur épouse.


Marie-Claire est un personnage typique. D'elle émane une ruralité qui, ailleurs qu'ici, a souvent disparu.


D'une nature généreuse, toujours de bonnes nouvelles, le Seigneur en a fait un instrument de paix.


mais, non contente de café et de limonades, elle lance encore un barbecue à la procession.

 

Et c'est vaches, cochons et volailles qui passent sur les braises.
Que pouvons-nous lui souhaiter d'autre qu'une fidélité exemplaire aux répétitions !
Que tous les trois soient sanctifiés et remerciés chaleureusement.
Oui, vraiment, les organisateurs ont bien fait "d'organiser"
Ils ont droit, eux aussi, à nos remerciements et à nos applaudissements."

 


 

 

 


 
 

 

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