Le zoning industriel Evegnée-Tignée Heuseux

05/09/2018

Les riverains se regroupent afin de répondre à l'enquête d'incidence relative à ce nouveau zoning.

 

Rejoignez vite les signataires de ce document (avant mercredi 3 décembre !!!)

 

DE 

 

Comité "Qualité Villages"
rue Nonfays, 13
4632 CEREXHE-HEUSEUX

 

A

 

Collège des Bourgmestre et Echevins de Soumagne
Révision du plan de secteur de Liège - Enquête publique.
Avenue de la Coopération, 38
B-4630 SOUMAGNE

 

Objet : Projet de révision du plan de secteur de Liège en vue de l'inscription, sur le territoire des communes de Soumagne (Cerexhe-Heuseux et Evegnée-Tignée) et Blegny, d'une zone d'activité mixte, en extension de la zone d'activité économique mixte de Barchon, et d'une zone d'habitat rural.

 

Le 1 décembre 2003.

 

Monsieur le Bourgmestre, Messieurs les Echevins,

 

Des riverains de la zone citée ci-dessus ont choisi de se regrouper au sein du comité "Qualité Villages" afin de marquer leur profonde indignation et leur opposition au projet de transformation de cette zone agricole en une zone d'activité économique mixte. Nous sommes véritablement stupéfaits que, jusqu'à aujourd'hui où le projet semble ficelé, les habitants proches et moins proches n'aient jamais été consultés. Et ce, même si la zone retenue n'est pas directement la zone proposée par les Autorités Communales. Aucune concertation préalable aux initiatives politiques, aucune information aux habitants, aucun avertissement aux personnes qui ont récemment construit leur maison à proximité, rien n'a été fait.

 

La procédure archaïque utilisée par les mandataires politiques pour lancer ce projet nous semble, à notre époque, tout simplement inadmissible !

 

Nous sommes, pour la plupart depuis de nombreuses années, et pour beaucoup depuis toujours, installés dans un village à vocation résidentielle et agricole. Préalablement à toute initiative, si d'autres affectations s'avèrent envisageables, si des idées différentes sont proposées, il nous paraît élémentaire qu'elles soient, , discutées avec la population. Nos villages ont déjà beaucoup donné : autoroute et grand-route voisines, asphalterie toute proche, TGV, dégradation progressive de la qualité de l'air, etc. D'autres grands chantiers restent possibles : citons simplement le projet de liaison autoroutière "Cerexhe - Beaufays" qui, s'il se réalise, va défigurer complètement le haut du village de Cerexhe, ainsi que des parties d'Evegnée, Micheroux et Ayeneux. Cette situation dramatique nous attriste beaucoup. Nous avons hérité d'un environnement villageois respecté par les générations qui nous précédèrent. Dans quel état allons-nous le transmettre à nos enfants ? Faut-il encore parler de progrets ? Les responsables politiques locaux sont-ils tout simplement décidés à nous considérer comme quelques quartiers de la grande banlieue liégeoise ? Le caractère rural de nos villages est-il voué à disparaître

 

Beaucoup de citoyens ont perdu confiance envers le monde politique. Comment pourrait-il en être autrement, quand on voit par exemple que, malgré des engagements fermes pris publiquement, le grave problème de pollution à la dioxine du ruisseau d'Evegnée n'est toujours pas résolu, depuis toutes ces années !

 

Pire encore. Qui peut garantir aux habitants de Cerexhe-Heuseux et d'Evegnée-Tignée qu'un nouveau projet industriel n'est pas déjà en cours d'élaboration, soit dans le prolongement de l'objet de ce courrier, soit de l'autre côté de la grand-route RN604, puisque de toute façon, c'est nous, les riverains, qui sommes les derniers informés ?

 

Nous ne sommes pas les seuls bien sûr à remettre en cause ce type de développement économique "sauvage". En effet, depuis longtemps des associations comme "Inter-Environnement Wallonie", le monde agricole également, critiquent fermement les choix de certains sites verts, alors que les principes élémentaires de développement durable, auxquels la Région Wallonne et la Belgique ont adhéré au sein de l'Europe, nous conduiraient tout naturellement vers la réhabilitation possible d'une partie des 12.000 hectares de sites industriels désaffectés en Wallonie, recensés par le CREAT (Centre de Recherche pour l'Environnement et l'Aménagement du Territoire).

 

Evidemment ceux-ci ne se trouvent pas sur la commune de Soumagne !!!

 

Bref, une simple décision politique et c'est pour certains le projet de toute une vie, voire de plusieurs générations, qui s'écroule. Comment continuer à travailler quand, pour un exploitant agricole, on saisi son gagne-pain : ses terres ! Comment faire quand on vous met dans des situations professionnelles ingérables : faire traverser à un troupeau de vaches une grand-route surchargée, et ce quatre fois par jour, y compris dans l'obscurité ? Devons-nous considérer ces situations comme des problèmes mineurs à vos yeux ? Peut-on ainsi disposer de la vie professionnelle des gens ? Contrairement aux idées préconçues, il manque dans notre région de bonnes terres agricoles comme celles qui sont expropriées aujourd'hui. Les emprises liées au passage du TGV n'y sont probablement pas étrangères.

 

On peut envisager une hypothétique création d'emplois suite au développement de ce projet. Mais la réalité est que ces emplois sont déjà occupés et qu'ils seront simplement déplacés avec le déménagement de l'entreprise (cfr Magnée Enrobés). Avez-vous songé au fait que, et ce de la façon la plus injuste qui soit, avant de créer des emplois, on commence par en détruire d'autres ? Suivant quels principes peut-on décider de troquer des emplois du Monde Agricole contre une embauche incertaine dans les Services ou la Petite Industrie ?

 

Dans l'arrêté ministériel fixant les nouvelles zones d'activités économiques, l'article 3 précise "en annexe à toute demande de permis relative à la mise en oeuvre de la zone, le demandeur produit un cahier spécial des charges " etc... Où et à quel moment pouvons-nous consulter ces documents ?

 

Aujourd'hui vous demandez à des gens qui se sentent floués et incompris de réagir durant l'enquête publique : sur quelles bases, sur quelles informations, sur quels supports ? Une photo, un simple plan et une zone hachurée : c'est tout ! On est loin des prescriptions et des détails exigés dans les demandes de permis de bâtir ou de lotissement. Nous ne savons toujours rien, et rien de plus après la réunion du mois d'octobre, si ce n'est l'apparition d'un grand nombre de problèmes, que nous évoquons ci-après. Aucune information précise sur les aménagements des lieux, aucune réponse aux problèmes d'accès (réseau routier et autoroutier), aucun détail sur la nature des entreprises qui pourront s'installer dans une zone qui leur sera réservée (qui pourra les en empêcher ?). Vous nous demandez tout simplement de signer un chèque en blanc !!!

 

Vous nous demandez peut-être aussi la confiance. En 1995, et ce, paraît-il, malgré tous les efforts des mandataires politiques communaux opposés au projet, une asphalterie s'est installée. Vous connaissez la suite. Durant plus de 5 ans, le village fut inondé de dioxine dont l'origine n'était autre que le carburant illicite de l'entreprise. Des procès verbaux ont finalement été dressés car l'entrepreneur persistait dans l'illégalité. Les riverains payent aujourd'hui encore,et tous les jours, les suites de cet échec : en particulier une dégradation de la qualité de l'air qui ne sera pas sans conséquence sur la santé des personnes, malgré les rapports rassurants d'un expert toxicologue fortement critiqué par ses pairs, et qui lui-même, selon ses propres dires, ne consommera jamais aucun produit issu des environs de notre triste usine polluante, avec une cheminée, sans filtre adéquat, trop basse pour évacuer les rejets toxiques hautement cancérigènes dans l'atmosphère, thèse tellement mise en évidence par l'"ami professeur" de la Commune, défenseur de l'Environnement ...

 

Qui peut aujourd'hui garantir que cette situation ne se reproduira pas ?

 

L'étude d'incidence réalisée par la Région Wallonne signale par ailleurs dans la zone du projet une "qualité de l'air déjà moyenne", qu'elle attribue notamment à la proximité de l'autoroute, de Liège et à des facteurs économiques. Ne perdons pas de vue que non seulement certains habitants se retrouvent avec une cuisine située à 6 mètres des terrains expropriés, d'autres en grand nombre à 50 mètres côté Heuseux, et que le centre de Tignée est à peine à 500 mètres. Devons-nous en conclure qu'une nouvelle dégradation de l'air est un problème mineur, de même que les conséquences sur la santé et la qualité de vie des riverains ?

 

Si l'implantation de ce zoning devait se réaliser, les problèmes d'aménagement seraient très nombreux. Nous pouvons en tout cas en recenser de trois types, donner quelques recommandations indispensables, poser quelques problèmes fondamentaux :

 

1. La protection de la qualité de vie des riverains :

 

- tenir les bâtiments assez loin des habitations existantes, imposer une hauteur inférieure ou égale à celles-ci

- pollutions sonores : pas d'excès, pas de source près des habitations, pas de bruit la nuit- pollution visuelle à éviter. Créer des espaces verts, construire des "merlots" pour isoler le zoning par rapport au village de Tignée

- problèmes de dévalorisations des biens immobiliers des riverains : quelles solutions ?- pollution atmosphérique : la tolérance zéro doit être appliquée !

- insécurité liée notamment à l'augmentation du trafic à proximité plus ou moins immédiate- l'écoulement des eaux : quels aménagements, quelle épuration avant les rejets inévitables dans le ruisseau de Barchon ?

- quels aménagement autour du pipeline de l'OTAN ?- etc, etcNous demandons en tout cas pour la qualité de l'air et le bruit un état des lieux actuel, ainsi qu'un projet de contrôle de l'évolution de cet état à court, moyen et long terme.

 

2. Les problèmes de mobilité :

 

- un accès direct autoroute-zoning semble indispensable

- que va devenir la rue Ways ? Quel est l'avenir de l'exploitation agricole ainsi enclavée ? L'étude d'incidence prévoit une augmentation inévitable du trafic, un engorgement de la RN604 et des accès autoroutiers surchargés, alors qu'ils sont déjà saturés pour l'instant à certains moments de la journée. Combien d'accidents, combien de tués devons-nous déjà déplorer chaque année sur cette grand-route dite régionale, ce qui en clair signifie par exemple que depuis trente ans au moins les habitants demandent le déplacement d'un poteau électrique dangereux devant le centre d'essai Profruit, et n'ont toujours pas obtenu satisfaction ?!?

Les rues du Fort et Frumhy doivent impérativement être sécurisées, notamment en créant une place pour les piétons et les deux roues

 

.- quels aménagements dans la partie de la zone agricole qui devient zone d'habitat rural ?- la route d'Evegnée, un danger de tous les jours pour les mamans qui conduisent leurs enfants vers l'école primaire d'Evegnée-Tignée, et qui ira en grandissant avec la proximité d'un zoning industriel dont l'accès devrait être interdit dans cette direction. Comme pour la rue du Fort, faudra-t-il vraiment des morts avant une prise en compte sérieuse du problème ?Aucune information précise ne nous est fournie sur tous ces problèmes.

 

Comment pourrions-nous envisager ce projet sereinement ?3. Les entreprises qui seraient installées dans le zoning.Il faut bien dire que l'appellation "petite entreprise" utilisée dans la description d'une zone d'activité économique mixte est peu précise !De quel droit pourrait-on refuser une demande ? Sur quels critères ?Il semble intéressant d'utiliser avant tout les terres intégrées à l'AC Relais.Les riverains refusent de subir à quelques mètres de leur cuisine un grand ventilateur qui tourne jour et nuit ou un va-et-vient nocturne d'autocars !Nous demandons en tout cas un comité d'accompagnement pour le choix des entreprises, ainsi que pour tous les problèmes qui surviendront inévitablement, comité dans lequel les riverains seront très bien représentés.En conclusion, nous dirons que les problèmes sont si nombreux qu'une réflexion sur le bien-fondé du projet nous paraît indispensable. Le confort de vie des citoyens sera-t-il sacrifié au lucre recherché par les auteurs de ce plan ?

 

Nous vous remercions pour votre attention et vous prions de recevoir, Monsieur le Bourgmestre, Messieurs les Echevins, nos salutations respectueuses

 

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